Le tien et le mien, le mien et le tien

"(...) Ce qu'on peut dire en première analyse, c'est que dans certains cas, la maladie organique est presque un accident.Que dans d'autres, elle est principalement due à l'intention profonde de l'individu et que, dans la majorité des cas, elle est tout à la fois accidentelle et intentionnelle.Dans la maladie organique, c'est l'accident qui prévaut; dans la névrose, c'est l'intention. (...)

(...) Nous vivons constamment avec la connaissance de notre corps. L'image du corps est l'une des expériences fondamentales dans la vie de chacun. C'est l'un des pôles essentiels de l'expérience vécue. Quoi que nous fassions, il s'agit pour nous soit de changer la situation spatiale du modèle postural de notre corps, soit de changer le schéma du corps lui-même. Le seul fait pour nous de voir quelque chose déclenche immédiatement une activité musculaire et amène un changement dans la perception que nous avons de notre corps. Tout effort, tout désir change la substance du corps, son poids, sa densité. (...)

(...) Nous dilatons et contractons le modèle postural de notre corps : nous en enlevons des éléments, nous en rajoutons d'autres ; nous le reconstruisons ; nous en gommons les détails, et en créons de nouveaux ; et nous faisons ceci en nous servant du corps lui-même, et des expressions corporelles. Nous sommes continuellement en train d'expérimenter sur l'image du corps.(...)

(...) L'image du corps est capable, et de prendre en elle les objets, et de se répandre dans l'espace. (...)

(...) Pour comprendre le développement du modèle postural du corps, il faut chasser l'idée que le niveau physiologique est primitif, et que le niveau psychologique en serait une complexification secondaire ; il faut s'efforcer de comprendre que le modèle postural du corps d'un point de vue purement psychologique.

(...) les sensations ne signifient rien tant qu'elles ne sont pas reliées au modèle postural du corps.(...) Le modèle postural du corps n'est pas purement et simplement quelque chose de psychique qui s'ajoute à la structure matérielle du corps, c'est aussi une entité physiologique avec des conséquences physiologiques qui ont une action sur les fonctions des organes, et peut-être aussi sur leur forme et sur leur croissance.(..

Une image du corps est toujours d'une certaine façon la somme des images du corps de la communauté, en fonction des diverses relations qui y sont instaurées. (...)

(...) Notre propre image du corps et l'image du corps des autres ne sont pas dans un rapport de primauté l'une par rapport à l'autre ; elles sont, de ce point de vue, à égalité, et l'une ne peut être expliquée par l'autre. Il y a un échange continuel entre des parties de notre image du corps et l'image du corps des autres : projection et appropriation. (...)

Il existe une image sociale du corps

Paul Schilder "L'image du corps" (Tel-Gallimard)

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