Etre malade

(…) Nous voudrions que le maladie n’ait rien changé. Nous voudrions qu’elle n’ait été qu’un dérangement passager de la santé qui, par conséquent, serait notre essence, ne nous échapperait plus, pourrait avoir – et notre vie avec elle- quelque chose d’éternel. (…)

(…) Une reprise, en réponse à une réduction, et non pas un retour destiné à annuler une perturbation ; telle est la grande alternative qui permet de penser la santé et la maladie, le rapport à notre propre corps, à notre propre vie. (…)

(…) Il y a, dès lors, trois nuances à apporter à la conception de la santé comme reprise de soi, ou comme « autonormativité » : elle est un processus, en aucun cas un miracle ; une individuation en mouvement, et non pas un résultat acquis ; elle est relationnelle, non pas solitaire. Plus encore,  c’est un geste social,  voire politique, qui appelle une politique sociale, laquelle est une priorité politique. (…)

(…) Nous voudrions d’autant plus perdre jusqu’au souvenir de la maladie et du soin que le propre de la guérison consiste dans une reconquête de notre individualité et de notre autonomie. Pourtant, c’est aussi dans l’oublie de ce qui l’a rendue possible, dans l’oubli de ce qui nous a rendus vivants, individuels et autonomes, qu’il y aura une pathologie Celle-ci risque de nous faire perdre à nouveau l’autonomie qui, même réellement reconquise, n’est pas pour autant définitive. (…)

(…) Il y a, dès lors, trois nuances à apporter à la conception de la santé comme reprise de soi, ou comme « autonormativité » : elle est un processus, en aucun cas un miracle ; une individuation en mouvement, et non pas un résultat acquis ; elle est relationnelle, non pas solitaire. Plus encore,  c’est un geste social,  voire politique, qui appelle une politique sociale, laquelle est une priorité politique. (…)

(…) Nous voudrions d’autant plus perdre jusqu’au souvenir de la maladie et du soin que le propre de la guérison consiste dans une reconquête de notre individualité et de notre autonomie. Pourtant, c’est aussi dans l’oublie de ce qui l’a rendue possible, dans l’oubli de ce qui nous a rendus vivants, individuels et autonomes, qu’il y aura une pathologie Celle-ci risque de nous faire perdre à nouveau l’autonomie qui, même réellement reconquise, n’est pas pour autant définitive. (…)

Frédéric Worms "Revivre. Eprouver nos blessures et nos ressources" (Flammarion 2012)

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